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L’action en complément de part ou comment remettre en cause un partage sans l’annuler ?

| Publié le 23/02/2016

Avocats Picovschi

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SOMMAIRE

Le partage successoral peut laisser un goût amer aux héritiers lorsqu’ils estiment que le bien inclus dans leur part a mal évolué. Heureusement, depuis la loi du 23 juin 2006, ils n’ont plus besoin de faire annuler totalement le partage pour obtenir réparation : s’ils se sentent lésés, ils peuvent désormais engager une action en complément de part qui permettra de rétablir l’égalité. Explications.

Qu’est-ce l’action en complément de part ?

La liquidation successorale a déterminé votre part dans la succession de votre proche défunt. Vient le moment du partage des biens restant entre tous les héritiers. Le partage est en principe un acte neutre, et répond à un impératif d’égalité.  

Mais, le partage terminé, vous vous apercevez que vous avez obtenu moins que vos droits dus dans la succession, il existe alors une lésion. Celle-ci en principe ne vicie pas les conventions, sauf en matière de vente de biens immobiliers et de partage. En matière de partage, une action en complément de part est possible en cas de lésion, si les conditions sont remplies.

A ne pas confondre avec l’action en partage complémentaire qui concerne la situation dans laquelle un bien du patrimoine du défunt a été omis dans la masse à partager. Dans certains cas, la distinction n’est pas facile, l’avocat pourra engager l’action adéquate pour vous.

Comment est sanctionnée la lésion ?

Votre avocat pourra vous aider à agir contre le partage (qu’il soit partiel, global, judiciaire ou encore amiable) s’il existe une lésion « du plus du quart ». C’est le cas lorsqu’en tant qu’héritier, vous avez reçu un lot tellement inférieur à ce que vous auriez dû recevoir qu’il n’atteint pas les trois quarts de vos droits dans la succession.

Pour être caractérisée, la lésion n’exige ni la preuve de fraude, de violence ou de manœuvres dolosives, ni même l’existence d’une erreur d’appréciation.

La lésion peut soit venir d’un mauvais allotissement, soit d’une mauvaise évaluation des biens au jour du partage. La mauvaise appréciation des biens est le plus souvent en pratique l’origine d’une lésion. Il faut savoir que le recours à un expert n’est pas obligatoire en matière de partage.

La lésion peut également avoir pour origine une erreur dans la liquidation déterminant la masse de partage et vos droits.

Des situations plus complexes peuvent intervenir, c’est notamment le cas dans lequel des partages partiels sont faits. La présence d’un avocat vous sera particulièrement très utile dans ce cas, car l’évaluation de la lésion peut se faire différemment selon votre situation.

Comment mettre en œuvre l’action ?

L’avocat saisira dans les délais impartis le tribunal compétent et dirigera la demande de complément de part contre les autres copartageants. En effet, l’objectif étant de rétablir l’égalité du partage, l’action doit viser tous les copartageants.

La preuve de la lésion est laissée à la libre appréciation du juge. Le mode de preuve de la lésion est libre, mais afin d’optimiser vos chances de succès, il vous est fortement conseillé de vous faire épaulé par un avocat pour préparer votre dossier.

Dans quel délai agir ? L’action en complément de part se prescrit en principe dans les deux ans à compter du partage. C’est un délai assez court considérant que la lésion n’est pas toujours découverte immédiatement, c’est pourquoi il ne faut pas tarder pour se faire aider par un professionnel du droit. En effet, il vous est toujours recommandé de consulter un avocat au plus tôt afin qu’il puisse préparer au mieux la défense de vos intérêts.

Quels sont les résultats ?

L’héritier lésé peut obtenir le versement d’un complément de part et ainsi le rétablissement de l’égalité.

Le débiteur du versement pourra choisir entre le versement en nature ou en numéraire. Le choix d’un versement en nature est irréversible. Si plusieurs copartageants vous doivent le versement de la part complémentaire, chacun d’eux bénéficie du choix du mode de versement et doit le faire à hauteur de l’avantage qu’il a retiré du partage lésionnaire.

Si vous rencontrez encore des difficultés à obtenir ce versement de certains copartageants récalcitrants, l’avocat en droit des successions pourra vous aider à obtenir l’exécution forcée.

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